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Echos du stage d’été animé par Nathalie Stas : Ruptures – Texte et sous-textes
du 10 au 17 juillet 2010 à La Marlagne
Echo de 3 participants

Bertrand Daine : comédien – œil extérieur

Jeudi 18 mars 2010

Cher journal, Aujourd’hui je me suis inscrit au stage d’été de l’ABCD à la Marlagne. Je n’ai pas vraiment compris le titre, mais j’ai plusieurs copains qui y vont, et j’ai entendu beaucoup de bien de l’animatrice dont j’ai d’ailleurs déjà pu apprécier la mise en scène. J’espère que ça sera aussi intéressant que l’année passée!

Mardi 25 mai 2010

Cher journal. Je reviens de la première réunion d’avant stage. Tout le monde a l’air sympa et motivé, mais j’ai vu plusieurs personnes aussi étonnées que moi du choix des textes que nous allons travailler. Il y a Salle des fêtes de Minyana, où des vieux racontent des souvenirs de la guerre sans queue ni tête et où l’auteur a oublié de mettre la moindre ponctuation. La deuxième pièce est Un pour la route de Pinter, une pièce super glauque où des gens subissent un interrogatoire à la limite de la torture psychologique. Enfin, il y a Bajazet, une pièce en vers de Racine, pleine de grandes phrases et de grands sentiments exacerbés... du classique quoi. Enfin bon, ça sera surement intéressant à travailler (tant qu’on ne me demande pas de les jouer vraiment, et encore moins de les mettre en scène).

Samedi 10 juillet 2010

Cher journal. Ca y est, je pars pour le stage!

Mercredi 14 juillet 2010

Cher journal. Voila quelques jours que je n’ai rien écrit... parce que je n’ai simplement pas eu le temps! Entre les échauffements du matin où l’on voit différentes manières de se mettre en condition de spectacle ou d’échauffer sa voix; les séances matinales où l’on travaille les scènes de Bajazet soit avec Nathalie, soit en servant “d’œil extérieur” les uns aux autres, et les séances de l’après-midi où l’on travaille tour à tour Pinter et Minyana, avec les stagiaires metteurs en scène et Nathalie qui passe d’un groupe à l’autre (mais où va-t-elle chercher une énergie pareille?). Entre tout ça, donc, on a à peine le temps de manger (copieusement, cela dit) ou de prendre une pause-café. Le soir, on travaille encore Bajazet, on se fait un p’tit débriefing, ou on se voit un DVD (quand on arrive à trouver un lecteur qui marche).

Je comprends mieux le titre du stage: on travaille les textes en réfléchissant à chaque phrase, à chaque virgule (même pour la pièce où il n’y en a pas), afin de bien déterminer à chaque fois ce que veut dire le personnage, et on fait également très attention aux changements de rythme, pauses, accélérations, etc. qu’entrainent les différentes idées au sein d’une réplique. Pas toujours évident, mais ça nous mène sur des pistes que je n’aurais pas soupçonnées.

Les autres enfants sont très gentils avec moi, et l’ambiance est super!

Samedi 17 juillet 2010

Cher journal. Voila, c’est déjà le dernier jour de stage. On a continué à travailler les divers textes et Nathalie nous a notamment montré différentes façons de remettre une scène en question, en se fixant des contraintes le temps d’un exercice (exacerber les sentiments, rajouter un accessoire, celui qui parle marche vers l’autre, etc.).

Hier soir, on a joué les scènes de Pinter et Minyana. C’est incroyable de voir les options radicalement différentes choisies pour aborder ces différentes scènes tirées de deux mêmes pièces et de voir ce que chaque groupe a pu sortir de ces textes, que je jugeais seulement bons comme “exercices”.

Ce matin, on a joué les scènes de Bajazet dans l’ordre chronologique de la pièce. Là aussi, j’ai dû changer mon fusil d’épaule. Je n’ai pas vu un classique plein de “grands sentiments exacerbés” mais des personnages de chair et d’os qui, placés dans des situations extrêmes, réagissent de manière sincère.

Bref, je m’aperçois de tout ce qu’on peut tirer d’un texte en l’abordant sans a priori et en visant à découvrir les motivations concrètes de chaque personnage, de chacune de ses phrases, de chacune de ses actions. J’espère que j’aurai un jour l’occasion de jouer “vraiment” ce genre de textes. En tout cas, l’année prochaine, je refais le stage et je tente une mise en scène.

Dimanche 18 juillet.

Cher journal. La Marlagne, le stage, ça semble déjà si loin... J’ai un peu le cafard.

 

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Abigaël Desart : comédienne - metteuse en scène

Pour ma part, l’ensemble du stage m’a parfaitement éclairée sur ce qu’englobait la notion « Textes & Sous-textes ».

En m’inscrivant au stage, j’espérais, entre autres, découvrir des méthodes pour aborder un texte, apprendre de quelle manière on pouvait s’y prendre pour le décrypter, pour trouver l’émotion vraie et non plaquée... et j’ai été comblée ! En effet, c’est ce que nous avons fait tout au long du stage, de façon progressive et parfois subtile, à l’aide de petits exercices, de petits trucs : comment poser sa voix, comment ne pas « chanter » les rimes, comment trouver le ton le plus juste pour traduire une émotion, comment respirer ou s’échauffer …

De plus, j’espérais découvrir un peu le travail de metteur en scène, tant dans les étapes d’approches du texte que dans la relation avec les comédiens. Trouver des sous-textes, des « rebondissements » ; comme les intentions ou les relations entre les personnages était déjà en soi tout un programme, trouver la meilleure manière de les communiquer et de guider le mieux possible les comédiens fut une réelle aventure. J’ai vraiment appris beaucoup en m’y essayant, encore merci.

Par rapport au « training Bajazet » que nous avons fait, il était particulièrement intéressant de voir les découpages effectués par Nathalie et incroyable de constater : d’une part, que les extraits mis bout à bout permettaient une réelle compréhension de l’ensemble de la pièce, mais aussi, d’autre part, que les différentes « versions » des personnages (Atalide par exemple était interprétée par plusieurs d’entre nous) restaient cohérentes. Il était même très intéressant de voir, dans les différentes scènes, l’évolution (des sentiments et de la situation) de ces personnages. En tant que comédienne, cela m’a aidée. 

Donc, voilà. Personnellement, je suis très contente car ce stage a répondu à mes attentes et même au-delà. J’avais déjà eu la chance de découvrir le travail de Nathalie, mais à l’issue de ce stage, je suis encore plus impressionnée.  

Par ailleurs, je ne connaissais au départ aucun participant et ce fut également une série de belles rencontres. Il y a eu une très chouette ambiance durant l’ensemble du séjour et une  dynamique de travail qui permettait malgré tout quelques bulles d’air bien nécessaires.

Merci à vous, et plus particulièrement à toi Micheline et à toi Nathalie, pour l’organisation de ce stage ! Ce premier stage résidentiel me conforte dans l’idée de poursuivre mon apprentissage et ne me donne que l’envie de réitérer l’expérience.

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Maxime Piechotka : comédien - metteur en scène

Laissons tomber le rideau, le dictaphone et les feed-backs...

Je tiens à vous remercier tous et toutes pour ce merveilleux moment, qui au départ me semblait si périlleux. Si loin de moi.

Merci à vous aussi, proche ou lointain de mon groupe, pour vos messages, vos attitudes, vos paroles qui m'ont guidé vers une semaine de bonheur et d'apprentissage.

J'y ai retrouvé les valeurs de la volonté du travail  d’équipe, du respect, de l'humilité, que, dans l'ensemble d'un groupe, il est bon de respecter.

J'ai donné la réplique, ai appliqué au mieux mes mouvements, suis entré dans un jeu de scène avec précaution, ai suivi le texte et la déclamation sous conseil d'acteurs confirmés, ai regardé avec tendresse comment vous baignez tous dans un "autre monde" avec tant de rigueur. J'ai vu, au travers de regards, l'amour du théâtre.

"Finalement, je m'étais dit : soit tu aimes, soit tu en seras écœuré... Eh bien, j'ai bien aimé et même que je me serais pris une petite semaine de plus ...".

Bravo à tous et merci.

Max Le lion !

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