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Molière, notre contemporain
Comment "parler" les vers ?

par Pierre Fox

les 12 et 13 octobre 2002

Compte-rendu d'un participant


Deux jours avec … MOLIERE !

"Moins on mérite un bien, moins on ose l'espérer"

Nous l'avons espéré quand même et il ne nous a pas déçus, le stage de " Molière, notre contemporain " organisé par l'ABCD ces 12 et 13 octobre 2002 au Collège Saint-Michel à Bruxelles. Le méritions-nous ? C'est une autre histoire.

Accueil café bien sûr ! Ah, cette bonne odeur de café qui flottait déjà dès avant l'entrée dans le local.

"Voulez-vous goûter à ce divin breuvage,
si, pour commencer la journée,
il vous fallait un peu de courage ?"
Bon, ce ne sont pas des alexandrins, et je ne suis pas Molière. Mais enfin, je suis déjà dans le ton, non ? C'et quand même plus recherché que "Je te sers une tasse de café ?".

Sans vraiment en avoir conscience, nous avons été des privilégiés ! Nous : Miette, Pascale, Fany, les deux Christine, Consuelo, Claudine, les deux Marcel, Xavier, Frédéric et Richard, rejoints bien vite par Célimène, Arsinoé, Elmire, Tartuffe, Cléante, Orgon, Marianne, Henriette, Armande, Madame Pernelle, Dorine, Philinte et Alceste.

"Vous n'en feriez que mieux de suivre mes leçons" : aurait pu nous dire Pierre FOX, qui animait ces deux journées. Mais de leçon, point. Seulement un contact direct, une communication naturelle de son savoir, de son amour pour le théâtre et de son enthousiasme pour ce grand homme que fut Molière.

Car le travail ne consistait pas seulement à dire des vers, mais à comprendre et vivre les motivations, les intentions, les émotions de ces personnages, rendre les situations aussi vraies que possible. Si les prénoms ont changé avec les siècles, la nature humaine, elle, est restée la même. Et nombre de problèmes à l'époque sont toujours d'actualité.

Et puis, quel plaisir d'écouter les autres, qui me font découvrir des scènes que je n'ai pas choisies. J'en oublie la faim qui me tenaille habituellement lorsque l'heure est là. Et enfin, pour terminer une matinée qui déborde déjà sur l'après-midi, une scène entre Célimène et Arsinoé en guise d'apéritif, ça n'arrive pas tous les jours. Et parce qu'il est dit avec toute la sensibilité de ses interprètes, quel bonheur d'entendre un texte charmer son oreille et de se laisser bercer.

Le dimanche après-midi, Pierre FOX nous propose d'entendre les scènes dans une autre distribution. Les rôles sont redistribués. Et les résultats sont parfois étonnants. Le personnage que j'avais préparé, présenté par un autre, s'il est le même, n'en a pas moins un petit quelque chose de différent. Il me paraît sonner plus juste ici, un peu moins juste là, à mon sens évidemment. Mais "mon sens" a-t-il un sens ?

Le week-end touche à sa fin, trop vite à mon gré. Il va falloir prendre congé de MOLIERE. Comment prend-on congé d'un tel homme ? Question stupide. Il nous accompagne bien sûr, il ne nous quitte pas. Il reste présent dans notre esprit. Comme aussi restent présents dans mon esprit ceux et celles que j'ai cotoyés pendant deux jours.

Merci Pierre pour ton animation, merci Christine pour l'organisation, merci vous tous pour votre présence et les bons moments que vous m'avez donnés.


Marcel Matagne