Un bien étrange stage, aurait dit un observateur… Tous allongés durant, à vue de nez, environ 85 % du temps; et fatigués qu’ils sont, pourtant, à la fin de la journée !
D’accord, la relaxation en début de stage, ce n’est pas (encore ?) devenu une tradition mais enfin, on connait ! Mais à y regarder d’un peu plus près, voilà une relaxation bien étrange… quel bizarre frémissement de la hanche ? et on y va que j’ te pousse ; mais enfin, ce n’est quand même pas si compliqué : un petit coup de contraction musculaire, et ça y est ! Oui, mais c’est bien là l’astuce : sans contraction musculaire, ou en tout cas, dans la détente la plus complète, en n’utilisant que le strict minimum de muscles… Tiens, et le mouvement devient harmonieux, il doit en avoir le mal de mer, Jean-François, à voir toutes ces vagues.
Ah, la bascule de bassin, nous voilà en terrain plus familier ! eh… une bascule de bassin qui ondule jusqu’à la nuque ? ? ? D’accord que le bassin et la nuque sont reliés par la colonne vertébrale, mais enfin, il y a bien du chemin de l’un à l’autre… Ah, et la respiration ! et j’inspire en bascule et j’expire ensuite ; mais ça n’est quand même pas logique, ça ! Enfin, puisque le « maître » l’a dit, on essaie et puis on y arrive ; cela semble même aller tout seul ; donc, on y va d’un son ; ah, ces premiers sons « poussés », presque grinçants… mais finalement oui, puisqu’on expire quand même, autant y mettre du son ! Et une fois la machine bien en route, on inverse vapeur toute : inspiration et puis bascule et expiration. Minute d’affolement : oui mais alors, c’est l’quel qu’est le bon ? ? ni l’un ni l’autre et tous les deux à la fois : ce qui est important, c’est de sentir l’effet que cela provoque dans le corps ; est-ce que l’un est plus facile que l’autre ? En quoi est-ce plus facile ? et peut-être est-ce plus difficile pour moi, mais plus facile pour mon voisin…
Et les hanches, et les pieds, et la nuque, et les mâchoires – l’inférieure, oui bien sûr, mais la supérieure aussi ! ! ! ben oui, avec beaucoup de conviction, nous nous persuadons qu’elle bouge ; pas sûr que cela se voie, mais c’est bien certain pourtant qu’elle bouge, cette mâchoire supérieure ; et les épaules, et les omoplates; ah non, les omoplates, Jean-François sait quand même bien que l’homo sapiens en a à jamais perdu l’usage ! faut quand même pas essayer de nous en faire accroire ! Mais l’homo sapiens devient peu à peu homo « mou(v)ens » et homo « c(h)antans » et il paraît même que cela est beau !
En tout cas, nous, nous nous sentons tout vibrants et notre voix s’est élargie d’une palette de résonances qui nous chatouillent déjà bien loin. Il nous manque… les orteils encore ! A quand la prochaine, Jean-François, pour approfondir tout cela ?